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Galerie Jaeckin

Exposition « Lumières, matières et formes » – Anne, Julia et Just Jaeckin

So Art Gallery accueille du 13 février au 13 mars 2018 le trio Jaeckin. Cette exposition est un hommage à cette famille d’artiste dont le talent et le génie est une affaire d’hérédité. Tout commença par Just, artiste aux multiples talents, allant de la photographie à la sculpture en passant par la réalisation. Puis Anne, ancienne danseuse classique professionnelle, qui trouva une passion pour la sculpture. Et enfin Julia, trouvant l’origine de son ambition à travers le travail de ses parents, se spécialise dans la photographie.
Le vernissage se fit en présence de M. Hervé Poulain, président d’honneur de la célèbre maison de vente aux enchères, Art curial, pour cette exposition collective et générationnelle.

 

 » Les mécanismes de l’hérédité dévoilent peu à peu leurs mystères et nous saurons bientôt pourquoi le génie, le talent même, ne se transmettent pas. Néanmoins, nous avons tous à l’esprit de rares exceptions, ce qu’on appelle « des familles d’artistes », en littérature les Dumas père et fils, en peinture, les Téniers et les Bruegel, en mobilier les Jacob…

Dans ces exemples, les membres s’exprimaient exclusivement dans une même spécialité. Je me faisais ces réflexions il y a quarante ans alors que je dirigeais les ventes aux enchères publiques des successions Bugatti, une dynastie unique parce que l’esprit souffla sur plusieurs générations et dans des domaines différents de la création.

Toutes proportions gardées, le trio Jaeckin réactivent ma lointaine curiosité.

JUST est une star dont la simplicité tranche avec le statut. Il fut un témoin des années communément appelées Pop, d’autant plus incisif qu’il était un des acteurs les plus doués, pratiquant tous les arts à la mêmes allure folle qu’il pilotait sa Diva – je n’invente rien – la marque anglaise de sa voiture de course. Sa carrière planétaire de cinéaste n’est pas notre propos sinon pour se réjouir que son éclatant succès n’ait pas occulté ses autres activités. Après un passage à l’école Arts deco, il débuta chez Stadler, une galerie d’Avant-Garde du Quartier-Latin. Inspiré, il bricolait tous ce qui lui tombait sous la main. Par exemple, cherchant à donner de la profondeur à son portrait de Jane Fonda, il eut l’idée d’inclure six tirages parallèles dans un cube plastique. Il ajoutait à la photographie une troisième dimension comme l’ombre portée du modèle. Un visiteur eut le mot qui résumait l’innovation :  » Des photos-objets ».  Il en fit des variantes à l’aide de plaquettes de plexi. L’américaine lui lança « Tu as exploité mon corps »… De trouvailles en trouvailles, il a construit une œuvre somme toute classique car il lui importe non de surprendre mais de susciter une émotion esthétique. Un aéropage d’icônes tapissent sa chambre noire: Bardot, Fonda, Adjani, Carole Bouquet, Marie Laforet, Sylvia Christelle… Ces magnifiques actrices posèrent pour lui sachant que son objectif cherchait la vérité intime sous le vernis médiatique, sans voyeurisme.

ANNE a été une grande danseuse avant de devenir sculptrice. Cette discipline lui a inculqué le culte du geste parfait et des corps maîtrisés. Elle a crée une fête du mouvement dans laquelle tout bouge et tourbillonne, en apesanteur. L’alchimiste change le bronze en voltigeur dans le cadre strict d’une scène silencieuse qu’animent le vent et la lumière. Le rythme nait d’ondes voluptueuses et ludiques.

JULIA a la tête bien faite. L’Art, dit-elle, est une façon de donner du sens au monde qui nous entoure; Ce n’est pas une « fille à papa » bien qu’elle bénisse le bouillon de culture dans lequel elle a grandi et en a retenu les exigences et l’émulation. Comme Just a reconnu ce qu’il devait à Peter Knapp, Julia a appris de son père la base du métier, le cadrage et la lumière. Après trois ans à l’Ecole des Gobelins, la voici qui réalise ses promesses, confrontée au plus difficile, affirmer son propre style dont on sait depuis Buffon que, sans lui, il n’est pas d’artiste. Il ressort de ses images une empathie pour ses modèles, très éloquente dans sa séries sur les marocaines.                                                                                                            

Dans Paris est une fête, Hemingway écrit qu’Erza Pound se montrait si fidèle en amitié que cela le conduisait parfois à soutenir des artistes discutables. Mon attachement à cette famille d’artistes sincères ne trouble pas mon jugement. Il est heureux qu’ils exposent au Maroc, un pays dont ils vénèrent le Soleil et la Culture. Que les visiteurs soient nombreux à apprécier leurs œuvres qui ont pour ambition de partager fraternellement la beauté du Monde et des être. »

Hervé Poulain

Curateur, Président d’honneur d’Artcurial et Commissaire priseur

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